Autorisation du tirage au sort des étudiants

Elle est passée « en catimini »; la circulaire publiée ce jeudi 27 avril prévoit d’autoriser les facultés à tirer au sort les candidats afin de lutter contre la saturation des universités. L’école supérieur de la République recule et abandonne l’université pour tous.

Une circulaire en catimini

L’argument premier est celui de l’université saturée. La circulaire, publiée ce jeudi 27 avril par le gouvernement, autorise les universités à procéder au tirage au sort pour l’affectation des étudiants à l’entrée à l’université, lorsque la demande dépasse les capacités d’accueil. Ce tirage au sort est dénoncé par les organisations étudiantes et les présidents d’université alors même que cela se pratique depuis plusieurs années dans des filières dites « en tension » et sans réel encadrement juridique. Alors que les facultés font face depuis plusieurs années à un boom du nombre d’étudiants, le gouvernement enterre la possibilité à chacun de prouver sa valeur quelque soit l’origine de sa classe sociale. La concurrence entre les étudiants sera pour le gouvernement résolu non par le mérité mais par la sélection du hasard.

Désert médiatique pendant l’entre deux tours

Elle a pour objectif de soulager les filières « en tension » qui reçoivent des demandes d’inscription dépassant leurs capacités d’accueil. On y retrouve les facultés de droit, de psychologie, la Paces (première année de médecine) et Staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives). Bien que le tirage au sort soit utilisé en première année de licence ou en Paces, cette circulaire est officiellement promulguée « en catimini » à quelques jours du second tour de l’élection présidentielle. Avec l’absence de discussions avec les associations étudiantes, il est à noter le peu d’intérêt des médias main stream sur le sujet. Malgré quelques titres et des prises de parole des deux candidats sur le sujet, les réactions ont été quasiment nulles. On s’aperçoit que l’effervescence de la campagne électorale focalise l’actualité sur les déclarations et déplacements des deux candidats à l’élection présidentielle; l’attention de l’opinion publique devient au final moins sensible à cette information « périphérique ». Si cette information a été traitée avec légèreté, les deux candidats qui ont la possibilité d’alimenter l’information durant cette période électorale n’ont pas su porter ce sujet à travers leurs enjeux politiques et électorales.

Un recul de l’université républicaine

C’est l’aveu de faiblesse de la République : celle-ci n’est plus capable de donner l’accès de façon égalitaire à l’université. C’est pourtant la raison de l’école de la République de permettre à chacun d’avoir accès à la connaissance quelque soit l’origine sociale. Aujourd’hui la politique de dévaluation interne et d’austérité amène le gouvernement à continuer à appliquer une réduction des dépenses publiques. Cette dernière politique du chiffre est devenue l’une des dernières décisions de François Hollande dans ce pays de lettre.

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