Onze candidats sur l’échiquier électoral

L’élection présidentielle 2017 bouleverse l’échiquier politique français; elle est celle où l’électorat est indécis, imprévisible et confronté à un choix parmi onze offres politiques. Deux d’entre elles ouvrent un clivage qui atténue fortement le clivage gauche/droite : c’est le clivage sur la question de l’Union Européenne. Bien que les débats sur ce sujet aient été peu abordés autant pour les partisans de l’intégration européenne que pour les partisans de la coopération des états-nations; la question européenne a totalement modifiée les positionnements des autres candidats. L’importance de ce clivage créé un enjeu politique qui surplombe le clivage traditionnel et pousse l’ensemble des candidats à adapter leur stratégie électorale.

Candidats

 

Emmanuel Macron

MacronEmmanuel Macron est le premier candidat qui réussit et assume de façon pleine et entière un positionnement de rassemblement des Français de gauche et de droite durant le premier tour d’une élection présidentielle. Jusqu’à présent ce premier tour était réservé à une confrontation clivante entre la gauche et la droite dans un premier temps pour ensuite entamer un positionnement de rassemblement au cours du deuxième tour. Les détracteurs du candidat d’En Marche affirment généralement qu’il ne possède pas de colonne vertébrale; sur la question de la gauche et la droite c’est vrai. Mais concernant la question européenne il possède une base idéologique importante et solide. Il adopte un positionnement ni de gauche et ni de droite pour porter un projet dans la continuité de la construction européenne. Ce projet est en faveur du respect des traités européens et poursuit une politique économique libérale qui a vocation à harmoniser les aspects sociaux, fiscaux, monétaires et structurels dans l’ensemble des États membres. Aboutissant à la création d’une fédération européenne cette vision politique est finalement celle d’un européiste enthousiaste qui s’inscrit dans la continuité idéologique des pères fondateurs de la communauté européenne. La division au sein du parti socialiste entre les frondeurs et les sociaux-démocrates a permis de rassembler un cœur électoral de gauche et du centre autour du projet libéral européen. Les affaires de François Fillon permettent au final de réunir l’ensemble de cet électorat au-delà du clivage gauche/droite. Emmanuel Macron est le premier perturbateur de cette élection présidentielle car il incarne la défense de la construction européenne sans concession et se contente de rassembler tous ceux qui sont déjà convaincus pas ce projet politique.

  • Positionnement : Centre gauche, souveraineté fédérale
  • Enjeu politique : Continuité de la construction européenne
  • Enjeu électoral : Fondre le clivage gauche/droite

François Asselineau

FASon parti politique l’Union Populaire Républicaine est tout comme le mouvement d’En Marche classé « divers » selon le ministère de l’intérieur. C’est le candidat qui s’oppose le plus fermement à la construction européenne en s’attaquant frontalement au fonctionnement des institutions européennes en les mettant en contradiction avec les institutions françaises. « Monsieur article » est celui qui s’oppose le plus à Emmanuel Macron dans la mesure où il a pour objectif de rassembler les Français de gauche et de droite afin de retrouver de façon pleine et entière la souveraineté nationale sur l’ensemble des domaines régaliens (affaires étrangères, création monétaire…). Ce candidat refuse donc de prendre position sur les sujets sociétaux qui auraient pour conséquence une division de l’électorat ciblé. Sa candidature complète celle d’Emmanuel Macron parce qu’elle fait apparaître par leurs positions antinomiques un autre clivage essentiellement axé sur la question de la souveraineté nationale face au principe de la construction de l’Union Européenne. Cette candidature « surprise » est celle d’un candidat qui fait une campagne centriste par rapport au clivage gauche/droite tout en poursuivant jusqu’à son paroxysme la logique du séguinisme. Il porte une offre politique qui a pour but de remettre au cœur du processus démocratique « une souveraineté nationale appartenant au peuple qui l’exercice » et amène donc la nécessité de garantir une totale indépendance de la France sans aucune ambiguïté, avec la sortie de la France des traités de l’Union Européenne, la sortie de l’euro et de l’OTAN. Il considère que ce choix respecte le cadre juridique et représente une solution sereine car il est selon lui impossible de renégocier les traités à l’unanimité. Ces trois points ont la particularité d’être inamovibles ; il en a fait un engagement politique dans la charte fondatrice qu’il a rédigée le même jour de la création de l’UPR le 25 mars 2007. S’il est un candidat qui ne prend pas de risque dans les sujets qui divisent l’électorat; il pousse cependant les euros-critiques à éclaircir leur position sur cette question parce que son électorat est sûr d’une chose : le Frexit.

  • Positionnement : Centre droit, souveraineté nationale
  • Enjeu politique : Retrouver une souveraineté nationale
  • Enjeu électoral : Fondre le clivage gauche/droite

Benoît Hamon

HamonLe vainqueur de la primaire de la gauche s’est positionné comme le candidat porteur des idéaux sociales et progressistes. Pour de nombreux électeurs de gauche, il se démarque de Jean-Luc Mélenchon dont la radicalité fait craindre le pire à une classe moyenne supérieure. La candidature d’Emmanuel Macron quant à elle prône une Europe libérale assumée que Benoît Hamon dénonce sans pour autant apporter une valeur ajoutée à ce débat. Le candidat du PS a donc l’ambition d’unir une gauche partagée entre d’une part les classes modestes qui perdent de la mondialisation et qui souhaitent des mesures sociales fortes, et d’autre part les classes supérieures qui gagnent de la mondialisation et qui souhaitent avancer davantage dans la construction européenne. Pour répondre à ce dilemme cornélien, il propose un revenu universel pour retrouver un positionnement d’une gauche sociale soucieuse des acquis sociaux et un projet d’une Europe Sociale. Ce dernier point est sans doute son erreur la plus importante car cette Europe Sociale est attendue depuis plus de 35 ans; pourquoi pourrait-il y arriver? C’est à cette question que les réponses auraient dû être apportées. Pourtant il choisira de défendre en premier lieu le revenu universel. Avec la solidité de Jean-Luc Mélenchon sur les questions sociales et la cohérence d’un positionnement social-libéral chez Emmanuel Macron sur la question européenne; Benoît Hamon se retrouve sans réelle assise électorale. Ce manque de colonne vertébrale ne lui permet pas de faire valoir un positionnement clair et distinctif et ne lui permet encore moins de cliver sur des sujets qui lui assureraient le renforcement de sa candidature. Étant sur deux positionnements contradictoires; il se retrouve entre l’étau Macron/Mélenchon.

  • Positionnement : Gauche, souveraineté fédérale
  • Enjeu politique : Unir la gauche
  • Enjeu électoral : Rassembler gagnants et perdants de la mondialisation

François Fillon

FillonLa victoire de François Fillon à la primaire de la droite et du centre est fortement due à la mobilisation de Sens Commun et des réseaux de la manif pour tous. Il est le candidat néoconservateur de cette élection présidentielle et incarne une ligne économique très libérale qui a vocation à solutionner le manque de compétitivité de la France. Bien qu’il dénonce davantage le quinquennat socialiste que les institutions européennes, celui qui a voté contre le traité de Maastricht freine son enthousiasme pour l’Union Européenne par des mesures axées sur l’immigration et la renégociation du traité de l’espace Schengen. Il assume cependant la nécessité d’entamer un redressement national en accord avec les traités auxquels la France est assujettie. Ce positionnement « d’austérité » lui permet de cliver frontalement avec les gauches qui refusent cette austérité (N. Arthaud, P. Poutou et J-L Mélenchon). La « manif pour tous » a suscité chez l’électorat de la droite énormément de mobilisation que le Front National n’a pas récupérée (hormis Marion Maréchal Le Pen). C’est pourtant un électorat hétéroclite important qui regroupe à la fois des gagnants et des perdants de la mondialisation. À la différence de la situation de Benoit Hamon, François Fillon réussit à mobiliser un électorat partagé entre mondialisation et anti mondialisation mais qui se retrouvent sur des sujets sociétaux très marqués. Il est le seul candidat ayant assumé dès le début de la primaire de la droite et du centre le porte-voix de l’électorat catholique fortement mobilisé depuis l’adoption de la loi Taubira. Les affaires révélées par le canard enchainé ont eu la particularité de cristalliser le clivage gauche/droite sur la candidature du vainqueur de la primaire de la droite et du centre. Ceux qui dénoncent le plan d’austérité de François Fillon sont en effet les mêmes qui dénoncent son manque d’intégrité. Cette confrontation à la fois sur le plan économique, sur le plan sociétal et sur le plan de l’intégrité renforce le clivage gauche/droite à l’avantage de ceux qui en sont les représentants : Jean-Luc Mélenchon à gauche et François Fillon à droite.  Plus le candidat de la France Insoumise grimpe dans les sondages, plus il est possible d’avoir un vote caché pour François Fillon. Il est intéressant également de souligner que plus le clivage se renforce entre ces deux candidats et plus Emmanuel Macron et François Asselineau deviennent inaudibles.

  • Positionnement : Droite, souveraineté fédérale
  • Enjeu politique : Unir la droite conservatrice et libérale
  • Enjeu électoral : Renforcer le clivage droite/gauche sur les questions sociétales et économiques

Jean-Luc Mélenchon

JLMLe candidat de la France Insoumise a adopté un positionnement d’une gauche sociale en opposition radicale aux sociaux-démocrates. L’insoumis renoue avec les positions originelles du socialisme en devenant le protecteur des acquis sociaux. Après l’élection présidentielle de 2012, il était important de réincarner cette gauche pour inverser la tendance de fuite électorale vers le Front National; ce dernier étant le parti des ouvriers. C’est donc une reconquête sur les bases de granite du socialisme que Jean-Luc Mélenchon entame sa campagne électorale. Incarnant mieux les valeurs sociales en raison de ses prises de positions claires et distinctives, il est celui qui rompt avec le libéralisme économique, tout en incarnant le progressisme des mœurs auquel l’électorat de gauche est très sensible. L’affaire Fillon est une aubaine qui mobilise fortement les sympathisants de la France Insoumise; Jean-Luc Mélenchon étant indéniablement intègre. Il est le porte-voix du peuple et parle de révolution pour renverser la « monarchie présidentielle » et des privilèges avec son projet phare : la VIème République . Devenu de plus en plus euro-critique, il est important de rappeler que Jean-Luc Mélenchon avait soutenu le OUI lors du traité de Maastricht. Pour la question de l’Europe son projet a pour but de « sortir des traités européens » avec un Plan A qui tente une renégociation des traités européens et avec un Plan B qui consiste en cas d’échec du Plan A à « sortir de cette camisole de force ». Ces propositions établissent différentes possibilités quant à l’engagement de Jean-Luc Mélenchon vis-à-vis de la question de l’Union Européenne. Restant sur un clivage gauche/droite, il dénonce lui-même que le fait d’être contre l’Union Européenne est synonyme de « xénophobie » et de « diable ». Parce qu’il refuse d’être associé à cela, il adopte un positionnement opaque qui permet à un électorat de gauche reconstitué de se retrouver. En effet, s’il prend une position claire sur la question de l’Union Européenne, c’est au risque de perdre un électorat sensible à l’attachement à l’Union Européenne ou a contrario, au risque de perdre un électorat sensible à un retrait de la France de l’Union Européenne. Au final Jean-Luc Mélenchon est un candidat qui renforce la clivage gauche/droite tout en évitant de prendre position sur les questions européennes malgré une critique de ses institutions. Cependant sa campagne électorale a changé de ton lorsqu’il s’est mis a remplacer l’Internationale par la Marseillaise ou lorsqu’il s’est mis à porter un rameau d’olivier : symbole de la paix, de la victoire et accessoirement l’emblème de l’UPR depuis 2009. C’est une façon à quelques jours du premier tour d’atténuer le clivage pour s’adresser à un électorat soucieux des questions européennes et internationales. Les éléments de langages sont là avec le « droit international », « la paix », « l’ONU », « la coopération des nations et des peuples »; les mesures phares sont également au rendez-vous avec le retrait de la France de l’OTAN et des propositions concernant l’indépendance de la France. C’est un positionnement qui s’est adapté à celui de François Asselineau mais sans s’engager dans un « retrait radical » de la France de l’Union Européenne; une façon de garantir une différence avec le candidat du Frexit.

  • Positionnement : Gauche, républicain euro-critique et internationaliste
  • Enjeu politique : Unir la gauche
  • Enjeu électoral : Renforcer le clivage droite/gauche et fondre le clivage État fédéral/État-Nation

Marine Le Pen

MLPElle est la candidate d’une France « libre, sûre, prospère, juste, fière, puissante et durable ». La nation est au cœur du projet politique de Marine Le Pen qui se positionne de deux façons vis-à-vis du clivage gauche/droite. La première qui est la ligne de Florian Phillipot consiste à adopter un positionnement social de façon à proposer un projet politique favorable à ceux qui perdent dans le cadre de la mondialisation. La préférence nationale est selon Marine La Pen le projet qui permet de répondre aux maux que rencontrent les classes les plus modestes dans un contexte de mondialisation comme la concurrence déloyale et la baisse des acquis sociaux. L’électorat ouvrier et plus largement celles des classes les plus modestes est en effet fortement sensible à la question de l’immigration. Ce point était pourtant porté par la Parti Communiste Français il y a 30 ans notamment par Georges Marchais. Aujourd’hui l’extrême gauche a totalement abandonné la préférence nationale pour revenir à l’internationalisme. La question de l’immigration est donc un point extrêmement clivant qui confronte la candidature de Marine Le Pen avec celle de Jean-Luc Mélenchon et également celles de Nathalie Arthaud et Philippe Poutou. Le deuxième point clivant concerne évidemment les positions sociétales et des mœurs portées par la ligne de Marion Maréchal Le Pen. Jusqu’à présent Marine Le Pen défendait un principe de laïcité; elle défend dorénavant les « racines de la culture française » et tente de rattraper son absence à la Manif pour tous. Cet axe-là représente sans doute le sujet le plus clivant entre la gauche et la droite depuis la Révolution française. C’est d’ailleurs sur ce point que l’électorat conservateur classique du Front National peut être préservé par le parti. Celui-ci pourrait en effet être tenté par le vote en faveur de François Fillon en raison d’un bouleversement de l’électorat du Front National. Cet électorat conservateur est gagnant de la mondialisation et redoute un abandon de ses acquis en raison des positions très sociales de la candidate du Front National. C’est donc une gymnastique électorale qui trouve sa solution dans la confrontation radicale avec l’extrême gauche. C’est pour cette raison que Marine Le Pen reste également assez évasive sur la question européenne. La critique est très forte et virulente mais la position reste opaque. Elle propose en effet une renégociation des traités et un référendum après coup. En définitive elle ne souhaite pas prendre le risque de trancher cette question durant la campagne présidentielle avec le risque de perdre une partie de son électorat. Les mesures s’en tiennent à une volonté de  » restituer au peuple français sa souveraineté (monétaire, législative, territoriale, économique) » sans engager dans la profession de foi le retrait de la France de l’UE.

  • Positionnement : Droite, nationaliste et euro-critique
  • Enjeu politique : Union populaire allié à une droite conservatrice
  • Enjeu électoral : Renforcer le clivage droite/gauche par rapport aux notions de nationalisme & d’internationalisme et non par rapport aux notions de souveraineté de l’État-nation & souveraineté fédérale.

Nicolas Dupont-Aignan

NDALe candidat de Debout la France a la particularité d’être un dissident du parti de l’UMP depuis le référendum sur la constitution européenne de 2005. Il se retirera deux ans après afin de créer son parti politique dans l’objectif de prôner une Europe des nations. Héritier du séguinisme, il porte un projet qui part du principe que La France n’est plus maîtresse de ses pouvoirs régaliens. Ce positionnement reste partagé par Marine Le Pen, Jacques Cheminade et François Asselineau dans cette élection; ce qui ne lui permet pas d’agrandir sa marge de manœuvre sur le plan électoral. Cependant les affaires Fillon et Le Pen lui ont permis de brandir le positionnement de l’intégrité et d’une droite un peu plus offensive sur les questions sociétales et migratoires. Concernant le thème de la Famille il met en avant des positions qui consistent à « préserver une certaine idée de la famille et protéger les enfants ». Afin de porter un souverainisme d’une droite des valeurs, il use de son atout principal qui est son bilan positif à la tête de la mairie d’Yerres. Son image rassure par rapport à Marine Le Pen et François Fillon; il est un député-maire intègre, proche de ses administrés. Jusqu’à présent la question migratoire prise par Marine Le Pen et les sujets sociétaux pris par François Fillon obligeaient Nicolas Dupont-Aignan à se démarquer d’eux, en portant la question de l’indépendance de la France au nom d’une droite respectable. La candidature de François Asselineau et le Frexit limitent dorénavant sa capacité à élargir cet électorat euro-critique; il adopte au final un positionnement qui doit incarner une droite des valeurs du terroir et perdante de la mondialisation, afin d’élargir son électorat.

  • Positionnement : Droite, souveraineté État-Nation
  • Enjeu politique : Retrouver une souveraineté nationale
  • Enjeu électoral : Incarner la droite des valeurs de la ruralité

Jacques Cheminade

CheminadeIl est le candidat de l’analyse financière et monétaire. Déjà présent aux élections de 1995 et de 2012, il a la particularité de proposer un projet de refondation du système monétaire afin de pallier à la crise actuelle; il se démarque des autres candidats sur cette question-là car « son ennemie c’est la finance ». Globalement son projet ressemble à celui de François Asselineau dans la mesure où il souhaite sortir de l’Union Européenne, de l’euro et de l’OTAN sans chercher à cliver sur les sujets sociétaux. Cependant il souhaite la refondation d’une autre Europe soucieuse du respect des peuples et des nations. Il rejoint sur ce point la position de Nicolas Dupont-Aignan mais ne clive pas sur les questions migratoires; Jacques Cheminade se réclame d’ailleurs d’un « gaullisme de gauche ». L’ensemble de son discours se décline en deux points; le premier est celui de l’indépendance de la France sur un plan financier et monétaire; le deuxième est celui de la place de la France dans le monde, sur la mer et dans l’espace. L’électorat qu’il vise est essentiellement déjà convoité par les candidatures de François Asselineau et Jean-Luc Mélenchon.

  • Positionnement : Gauche, souveraineté État-Nation
  • Enjeu politique : Retrouver une souveraineté nationale
  • Enjeu électoral : Se démarquer de Jean-Luc Mélenchon et François Asselineau

Jean Lassalle

LassalleIl est le candidat de la critique du néolibéralisme et de la valorisation des sujets écologistes. C’est un candidat normal et imprévisible qui porte son projet à l’instinct; il est l’antithèse du clientélisme électoral. Il ne cherche pas à façonner sa candidature pour séduire un électorat particulier. Il fait simplement ressortir son tempérament : celui d’un homme brut de décoffrage soucieux de la vie quotidienne de ses compatriotes qu’il connaît bien. Maire d’un village depuis ses 21 ans il est le défenseur de la commune et des territoires ruraux. Il possède une proximité avec une France profonde souvent oubliée qu’il incarne à la fois dans ses vertus et dans ses défauts. Le personnage surprend par sa capacité à séduire l’opinion publique; la sympathie qu’on lui porte le rend cependant peu crédible et peu présidentiable.  Il se réfère pourtant au Général de Gaulle, le dernier président de la République selon lui, et souhaite redonner de la force à  l’État afin de s’éloigner de la mondialisation. La question européenne n’est aucunement remise en question; il propose de favoriser une Europe des Nations, réviser la participation financière de la France au budget européen ainsi que reprendre les marges de décision sur le budget, la directive Habitats et la PAC. Ces différents points posent néanmoins des questions sur la faisabilité de son projet car aucun signe de renégociation n’est avancé. Restaurer les dotations de l’État aux communes et départements, à hauteur du financement perdu de 2013 est une mesure qu’il propose pour défendre la ruralité bien qu’elle soit opposée aux recommandations de la commission européenne.

  • Positionnement : Centre droit, souveraineté fédérale
  • Enjeu politique : Défendre la ruralité
  • Enjeu électoral : Gagner en crédibilité

Nathalie Arthaud et Philippe Poutou

ArthaudPoutou

Lutte Ouvrière et le Nouveau Parti Anticapitaliste  restent fidèles à la ligne politique du trotskysme. Leur grille de lecture se base toujours sur la lutte des classes et leur vision politique ambitionne de créer une solidarité des travailleurs dans un cadre mondial.  Cet internationalisme est retranscrit sur leur position relative à la question de la construction européenne; elle représente la possibilité de porter un projet communiste assumé à grande échelle. Cette position oppose l’internationalisme au nationalisme et rejette par conséquent la préférence nationale. Au-delà des éléments de langages classiques de l’extrême gauche qui associent les patrons à la défense d’un intérêt du profit exacerbé dont le capitalisme serait responsable; les deux candidats incorporent dorénavant les « petits patrons » que sont les commerçants, les artisans, les auto-entrepreneurs à la lutte des travailleurs soumis au grand capital. Bien que leur grille de lecture continue de s’inscrire dans une lutte des classes; ils admettent que la mondialisation a légèrement modifié la forme de ce grand capital qu’ils dénoncent.

  • Positionnement : Extrême gauche, internationalisme
  • Enjeu politique : Unir les travailleurs victimes du capitalisme
  • Enjeu électoral : Cibler les petits patrons

Les programmes des onze candidats

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