#Macron | L’alternative politique ?

À quelques mois de l’échéance électorale et du choix du prochain chef d’État français, les porteurs du message politique du changement se multiplient. Si nous partons du principe qu’il faut renouveler le projet politique, où se trouve cette alternative?

La recherche perpétuelle de l’alternative est à bout de souffle alors que la déception du politique règne de façon impérieuse. Ce malheureux constat a néanmoins une conséquence bénéfique; elle entraîne diverses forces à s’engager dans un positionnement du « changement. » Malgré la volonté de chacun, ce terme est devenu l’emblème de la démagogie et du mensonge politique pour l’électorat, qu’on le veuille ou non. S’il n’attire plus les électeurs aux urnes, ce mot représente toutefois dans l’inconscient collectif l’espoir de voir émerger un mouvement politique capable de proposer aux français une destinée commune. Se multiplient alors les initiatives du monopole de l’alternative politique dans une confrontation entre celles de l’espoir, celles de l’ignominie, celles de l’impossible et même celles du pouvoir existant; ces dernières étant les fameuses fausses oppositions; elles, qui ont toujours le vent en poupe.

Fausse opposition 

Citer un certain nombre de mouvements en les qualifiant de « faux opposants » serait bien trop facile et totalement ridicule dans le monde sérieux de la politique. Il serait plus subtil d’aborder la question en commençant par dissocier, les opposants au pouvoir politique, des opposants à l’idéologie du pouvoir. À une époque où la défiance vis à vis des représentants ne cessent de grandir, et face à l’incertitude des échéances électorales, la situation politique française devient pour beaucoup  préoccupante. Depuis l’élection de Donald Trump, une majorité des français se positionne sur l’échiquier politique afin d’empêcher l’éventuelle accession au pouvoir du Front Nationale. Le FN, tout comme le Front de Gauche, Force Ouvrière, le Nouveau Parti Anticapitaliste, Debout La France, Solidarité & Progrès et tant d’autres… sont des partis qui se positionnent comme des opposants aux partis de gouvernement; cette liste non exhaustive* est d’ailleurs qualifiée par les partis de gouvernement comme étant « populiste », véhiculant un discours considéré comme abusif. Cette situation n’a pas vocation à créer une alternative politique dans la mesure où ces partis « populistes » ainsi que leurs critique de l’idéologie dominante sont d’emblée disqualifiés parce que considérés comme « non modérés ». Le pluralisme des idées se voit être sabordé par, d’un côté le monopole de la contestation, et de l’autre le monopole de la raison. Cette fracture de la pensée politique est par ailleurs  renforcée par le clivage gauche&droite si chère à la France (FdG, FO, NPA d’un côté et DLF, S&P, FN de l’autre). Celle-ci ne propose  qu’une critique idéologique morcelée et dépossédée de toute substance politique en raison de son impuissance face à l’idéologie dominante. Bien qu’il soit fondamental d’identifier le pouvoir dominant et l’idéologie qu’il porte ou à laquelle il est soumis, il est à noter que le paysage politique ne désigne qu’un seul discours de la modération; c’est le monopole de la raison détenue par ce que l’on identifie comme étant le centre. Ce centre n’a aucune opposition politique pondérée; il est le reflet politique de l’idéologie dominante.

Macron : le centrisme pondéré

Il est de ni de gauche ni de droite, le porteur du message de la modération vis à vis il est vrai du clivage gauche&droite, et défenseur du marché bien compris. Emmanuel Macron est en soit l’alternative politique capable de s’opposer aux partis de gouvernement avec raison. Il incarne cependant cet embryon, ce centre politique, que représente l’alliance entre la gauche libérale et la droite libérale. Ce couple insuffle dans le paysage politique la réelle idéologie dominante, armée du marché bienveillant et protégée par le monopole du discours raisonnable. Il est aujourd’hui malaisé de porter un discours politique sur les prérogatives monétaires , malgré une analyse fine et pondérée de la création monétaire ex nihilo (qui de facto assure le fonctionnement de l’économie mondialisée). Dans un contexte de mondialisation, cette économie rencontre pourtant de sérieuses crises; il est aujourd’hui de notoriété publique que le système bancaire mondialisé est au bord de l’explosion. La dernière crise des sub-primes de 2008 et la situation actuelle de la Deutsche Bank amènent à penser que nous sommes à la veille d’une grave crise financière. Au nom de la raison, cet état de fait ne peut plus justifier l’absence d’une opposition modérée à ce mouvement du centre, qui représente pour le système bancaire privé et mondialisé, le seul moyen politique de perdurer malgré son dysfonctionnement profond. Bien que la politique française se confond dans un contexte de mondialisation, elle reste d’autant plus dépendante de la centralisation de la création monétaire privée (FED/BCE/Banque du Japon). Ce point nécessite un éclaircissement important. Aujourd’hui ce système monétaire est victime de l’effet pyramide de Ponzi qui contraint le système bancaire à rémunérer les investissements des clients essentiellement par les fonds des nouveaux clients. Ce montage financier ne peut donc fonctionner que si il y a croissance; c’est une exigence fondamentale qui empêche l’écroulement général de l’architecture monétaire, et donc de nos sociétés.  La croissance n’existant plus, la raison nous obligerait à équilibrer les forces politiques de façon à permettre aux citoyens, in fine, aux forces publiques, d’avoir un droit de regard et de décision sur les politiques monétaires que peuvent mener la FED, la banque du Japon, la BCE et le FMI. Hors, la réalité politique ne permet pas aux citoyens d’équilibrer ce rapport. L’idéologie dominante prétend que la seule opposition à ces politiques monétaires n’est que ce populisme « nauséabond » quand elle ne crie pas directement à l’extrémisme. Cette domination idéologique portée par le centre au discours pondéré (symbolisé par E.Macron en France), prône la survie du système monétaire sans aucunes intentions de le réformer en profondeur. Cette passivité qui consiste à « éviter » la confrontation avec ce problème de prédation, créé une impuissance politique, qui est nourrie par l’impossibilité pour l’opinion publique d’être informé sur ce sujet par le main stream. Toutefois, on doit reconnaître que cette « omission » de la part des médias se justifie par la peur du « bank run ». Les électeurs sont donc écartés des débats qui concernent la problématique monétaire, en raison de l’absence d’une alternative politique, qui doit être capable tout comme le centre, de fondre le clivage gauche&droite. L’intérêt du centre dominant est d’empêcher toute émergence d’une alliance gauche & droite qui s’opposerait au « marché » autour d’un projet commun. Ainsi, cette liste exhaustive des partis politiques « d’opposition » idéologique, représente la meilleure opposition politique pour l’idéologie dominante. Cette opposition est morcelée, s’affaiblit par elle même, utilise un discours considéré comme abusif et refuse de rentrer dans une processus de modération qui ne peut émerger que par un projet de convergence entre la gauche et la droite afin de peser face au centre « dominant ».

L’alternative d’un autre centre

Cette alternative capable de s’opposer au « centre dominant » a la particularité d’avoir pour rôle d’équilibrer la pensée politique, en combinant le clivage gauche&droite avec un nouveau clivage : centralisation de la création monétaire&décentralisation de la création monétaire. Ce nouveau clivage complète l’échiquier politique par l’émergence d’une opposition politique équilibrée entre « la Banque Mondiale » et « les Banques Nationales ». Il est cependant primordial de créer cette nouvelle alliance entre gauche et droite par une concession de leurs idéologie distinguées, afin de converger vers un projet politique commun au discours pondéré. C’est par cet état d’esprit que se libère le pluralisme de la pensée politique, et c’est par ces concessions que peut se créer un nouveau centre au discours modéré, capable d’incarner l’alternative politique.

sans-titre-1

(*) Nous ne listerons pas l’ensemble des partis existants dans le réel paysage politique français non en raison d’une pseudo censure, mais parce que cette liste risque d’être plus longue que l’article.

4 commentaires Ajouter un commentaire

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s