Deutsche Bank en faillite, Krach mondial

À elle seule, la Deutsche Bank a des engagements en Credits Default Swap en hors bilan cinq fois supérieur au PIB de toute l’Union Européenne; la plus grosse banque allemande est au bord de l’explosion bancaire. Après sa condamnation par les autorités américaines à payer 14 milliards de dollars dans la vente de subprimes toxiques et autres CDS (Credits Default Swap), l’action de la DB (Deutsche Bank) est toujours à 14 euros. Rappelons qu’en juillet 2007, le cours de l’action de la DB était d’un peu plus de 100 euros. Aujourd’hui, elle peine à se maintenir à 14 euros et tout les indicateurs amènent à penser qu’elle franchira bientôt la barre critique de 10 euros; ceci montre l’étendue de sa faillite. La banque la plus importante d’Europe résiste pour l’instant seulement parce qu’elle s’appelle « Deutsche » et que la survie de la zone Euro en dépend. Angela Merkel n’aura pas d’autres choix que de la sauver soit par nationalisation, soit par fusion avec la Commerz Bank ou par une éventuelle aide du FMI.

L’Allemagne au bord de l’explosion bancaire

La DB est actuellement en train de connaître ce que la Lehman Brothers a dû encaissé lors de la crise des subs-primes de 2008; un passif extrêmement lourd. À elle seule, la Deutsche Bank a des engagements en CDS en hors bilan cinq fois supérieur au PIB de toute l’Union Européenne, ce qui en dit long sur la gravité de sa santé financière.

La problématique d’une telle situation est la suivante : Si Angela Merkel décide de sauver la DB, elle se prendra inévitablement les passifs de tout le reste de l’Europe bancaire. En effet le premier ministre italien et la premier ministre espagnol avaient déjà hurlé au scandale, lorsqu’ils avaient demandé de sauver leurs propres banques. Berlin avait alors interdit toute aide directe entre un État et l’une de ses banques. Seule la BCE avait autorisation de prêter à des taux 0% afin d’éviter à l’Allemagne le passif des dettes des autres; une solution toutefois légère qui n’a fait que reculer l’issue fatale.

Si la DB est sauvée par la chancellière allemande, alors il faudra aussi sauver la Monte Paschi par exemple, ou la Santander etc… C’est dans ce contexte kafkaïen, que la chancelière allemande et la banque centrale européenne  doivent affronter sans doute les prémices du plus grand Krach mondial de l’histoire. La problématique repose sur le fait que seule une nationalisation de la DB peut la sauver; c’est cependant une chose inimaginable dans le cadre des Traités du Fonctionnement de l’Union Européenne, et impensable pour tout un pan de la société occidentale déjà effrayée par la future présidence de D.Trump, par l’hypothétique Brexit et surtout par toute éventuelle tentative étatique de réguler le marché.

Commerzbank, la première fissure

La Commerzbank, deuxième plus importante banque privée allemande,  a annoncé le lundi 26 septembre que 9.000 salariés allaient être licenciés. Source Reuters Cela correspond à des économies de salaires immédiates de minimum 648 millions d’euros sur l’année à raison de 6.000 euros de salaire mensuel moyen chargé. En réalité c’est au moins le double, soit 1,2 milliard d’euros que la banque se doit d’économiser par an. Ceci représente trop peu vu la situation qui sévit en ce moment dans le monde bancaire allemand. Rien que le plan de licenciement coûte à lui seul 1,2 milliard d’euros. La raison officielle pointe du doigt les taux négatifs « Squeezed by negative European Central Bank interest rates, German banks have been seeking ways to boost revenue by passing on costs to corporate customers and increasing fees for retail depositors, but profit margins remain thin. » La banque en arrive à vendre son siège social basé à Francfort comme le rapporte L’essentiel : «Commerzbank a accepté la vente de la Commerzbank Tower à Samsung SRA Asset Management, une filiale de la division d’assurance vie de Samsung Group.»

USA : accord du désespoir

Si la nationalisation ne peut s’effectuer, l’Allemagne se devra de négocier un accord avec les banques américaines afin d’injecter dans les actifs de la DB au minimum l’équivalent du PIB de l’Union Européenne soit 22,07% du PIB mondial (en 2015). La FED engagerait alors une politique de planche à billet sous réserve que les banques capables de racheter la DB s’y engagent. (Goldman Sachs et la Wells Fargo sont les plus probables) Le FMI a d’ailleurs demandé à la DB de « se réformer en profondeur », ce qui laisse à penser que la FED n’est sans doute pas en capacité d’assurer cet onéreux sauvetage. La prochaine présidence de Donald Trump laisse en plus une incertitude totale sur cette question pourtant fondamentale. Il est également important de revenir sur l’aveu de Lloyd BLankfein (Goldman Sachs) prononcé dans un interview du 9 juin 2016 dans le journal Les Echos : « Les valorisations de certains actifs sont artificiellement soutenues« . Traduction: toutes les places financières sont déjà maintenues par la planche à billets dont Goldmans Sachs a amplement profité pour racheter le reste du monde. Une explosion de la DB entraînerait un enchaînement systémique de faillites dans l’ensemble des établissements bancaires mondiaux.

Silence radio : Tout sauf le « bank run »

Le risque de la défaillance de la DB est extrêmement élevé dans la mesure où un certain nombre de Hedge Funds ont déjà commencé à retirer leurs fonds. Source Telegraph Seule chose rassurante, les allemands n’ont pas encore commencé le « bank run » afin de retirer leurs actifs aux guichets. C’est d’ailleurs pour cela que les médias français et allemands ne communiquent en aucuns cas les dépêches AFP et REUTERS sur l’état critique de la plus grosse banque européenne. Alors que celle-ci est au bord de la faillite, énormément de banques françaises ont des participations croisées et surtout des engagements financiers avec la DB, notamment en CDS. C’est à travers les fonds de pensions et l’épargne que les français et allemands sont directement concernés par une perte de valeur avoisinant les 90% de leurs assurances vie, de leurs retraites et de leurs épargnes. Début octobre 2016, Challenges découvre enfin que les taux négatifs risquent de causer « une bombe à retardement » sur l’assurance vie et le livret A.

 

db-relationships

Ce schéma représente les relations que la DB entretient avec les autres banques du monde à travers des participations croisées et des engagements financiers. Nous pourrions produire des dizaines de schémas de ce type en se basant sur les autres banques pour illustrer les réseaux bancaires à travers le monde, qui une fois mis en synthèse permettent de se rendre compte du risque systémique qui pèse sur la planète entière. 

La banque du crédit agricole a d’ailleurs envoyé un signe de faiblesse à l’ensemble de ses clients durant le mois d’octobre 2016 :

« Cher client.

Le Crédit Agricole a connu, le 3 octobre entre 13h12 et 15h00, un incident informatique empêchant certaines opérations de retraits sur les distributeurs de billets ou de paiements par carte bancaire pour régler des achats chez vos commerçants. Grâce aux travaux menés par nos équipes techniques, le service est de nouveau disponible pour l’ensemble des utilisateurs. Nous mesurons pleinement le désagrément causé par cet incident, aussi le Crédit Agricole tient à vous exprimer toutes ses excuses pour la gêne qu’il a pu vous occasionner. Croyez-bien que toutes les mesures sont prises pour éviter que ce cas de figure ne se reproduise. Votre agence reste à votre entière disposition pour vous apporter de plus amples informations si nécessaire. Nous vous remercions d’agréer, cher client(e), nos respectueuses salutations et vous remercions de la confiance que vous nous accordez au quotidien.

Le service des Moyens de Paiement ».

Curieusement, des incidents similaires ont eu lieu le même jour à la Deutsche Bank. Les clients allemands ont aussi été dans l’impossibilité d’utiliser leur carte Visa ou MasterCard ce jour là. Il est en effet de plus en plus fréquent que les banques rencontrent des problèmes de liquidités, comme la Banque Postale, la Deutsche Bank, la RBS, la HSBC UK. Elles rencontreraient par la même occasion un sois disant problème « technique » alors que tout principe de l’informatique bancaire repose sur la décentralisation et sur des processus de Backups extrêmement rigoureux. La raison du Crédit Agricole demeure douteuse car une panne de cette nature empêcherait des dizaines de milliards d’euros de quitter les réserves de la banque pendant plusieurs heures; une telle situation n’est pas un simple problème « technique », c’est ce que l’on appelle une « panique bancaire »… À noter que le cours de l’action Crédit Agricole était de 35 euros en 2006 et qu’il est en date du 12 novembre 2016 de 10,68 euros. La BNP Parisbas reste la banque française la plus sûre bien qu’une faillite systémique n’épargnera que peu de banques, et surtout très peu de clients. L’évolution sur 365 jours de l’action des banques ci dessous montrent l’état de la DB, la Commerzbank et surtout la situation noire à laquelles se trouvent les banques en Italie; prochain pays au bord de la faillite.

banque-faillite-2016

CDS de 2008, bis repetita

Comme ce fût le cas en 2008, la DB tente à nouveau de se recapitaliser de toute urgence. On recommence donc comme à l’époque de la crise des sub-primes mais avec une situation bien pire où l’on cherche encore une fois à réinjecter des capitaux grâce à la planche à billet. Selon le FMI, la dette combinée des divers pays du globe est cependant aujourd’hui de 152.000 milliards de dollars, soit 225% du PIB mondial avec en tête des plus mauvais élèves le Japon, (près de 250% du PIB de dette publique), suivi de loin par la Grèce (près de 180%). Les États-Unis détiennent quant à eux le record du monde de la dette publique en montant, à presque 19.000 milliards de dollars. (105% du PIB) Toute l’évolution de la dette publique mondiale depuis 1980 sur Le Figaro.

Si Angela Merkel exclut pour l’instant toute aides publiques, les actifs en CDS continuent de faire vaciller le monde entier et particulièrement la DB. Avec de surcroît les taux négatifs, les efforts de la planche à billet qui doivent combler ce trou abyssal restent inefficaces depuis la crise des sub-primes; ils ne font que retarder l’échéance que l’on redoute. Les engagements notionnels auxquels doit faire face la DB représentent en euros l’équivalent de ce que produisent tous les pays de l’Union Européenne, autrement dit de ce que produisent les 510 millions d’européens : environ 16.200 milliards de dollars. (29.250 euros par habitant sur la base de 1 dollar = 0.92111 euros au 12 novembre 2016)

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